3e témoignage d’une personne étudiante en Travail social en stage au Sénégal
Travail social 2026.03.16
Cinq personnes étudiantes en Travail social vivent actuellement une expérience aussi humaine que professionnelle : un stage d’intervention de 12 semaines à l’Hôpital de Fann, à l’Hôpital Albert-Royer et au Centre de premier accueil, à Dakar, au Sénégal.
Au-delà du stage, cette immersion hors du commun est une aventure profondément formatrice, marquée par les rencontres, la découverte d’une nouvelle réalité sociale et le développement de compétences sur le terrain.
Les stagiaires rédigeront des articles et partageront leurs observations, leurs expériences personnelles et les réflexions qui transforment peu à peu leur regard sur le monde et sur leur future profession. Voyez le témoignage de Stéphani Veraly Damas Galdamez.
À Dakar, lundi le 16 mars 2026
Ma lettre d’amour au Sénégal
Le Sénégal est un pays avec un paysage très riche, partant de la mer de l’Atlantique à la biodiversité, en passant par les infrastructures, comme le Monument de la Renaissance. Parfois, le temps s’arrête ici, c’est magique. Malgré toute la beauté que ce pays a à offrir, la partie la plus magique reste les personnes.
En effet, à mon arrivée, tout le monde disait un mot pour décrire le peuple sénégalais dont je ne connaissais pas la signification : la teranga. C’est à peine après quelques jours ici que j’ai pu déduire que cela voulait dire hospitalité, puis, que j’en saisisse pleinement la définition. Le pays de la teranga n’est pas une expression utilisée à la légère. C’est une fierté nationale et le cœur de la société, que les personnes qui vivent ici incarnent chaque jour.
Par exemple, il y a quelques jours, je marchais avec mes collègues quand deux jeunes hommes sont venus nous offrir des dattes pour la coupure du jeûne. Ils nous ont également parlé d’une activité qu’ils organisaient pendant la fin de semaine et nous ont proposé de venir faire un tour. Ensuite, ils nous ont invités à manger avec eux et nous avons fini par accepter. Il y avait du fromage, des baguettes, des pâtisseries marocaines, des œufs et bien plus encore. Ce sont des artistes qui offrent des ateliers de sensibilisation auprès des enfants, notamment des activités artistiques comme le dessin, le tricot, etc. Ils se déplacent dans les écoles et organisent des événements en ville. Il y avait aussi d’autres personnes dans l’atelier qui étaient très accueillantes envers nous. On a discuté, partagé et ri ensemble ; c’était vraiment l’un de mes meilleurs moments passés ici.
Ayant grandi dans un pays individualiste, j’oublie que, parfois, les gens vont te tendre la main simplement parce qu’ils le veulent et le peuvent. Il y a une expression qui dit : « on tend la main à quelqu’un et il prend le bras ». Cependant, j’ai l’impression qu’ici, c’est le contraire : on te donne le bras sans même que tu aies demandé la main.
De plus, étant stagiaire à l’Hôpital de Fann, j’ai pu observer à quel point c’est un pays basé sur la communauté. À l’hôpital, la personne patiente ne vient jamais seule. Elle a toujours une personne accompagnatrice à ses côtés et si elle n’en a pas, c’est la personne assistante sociale du département qui assume ce rôle. Être accompagnatrice ou accompagnateur, c’est beaucoup plus que de conduire son proche à l’hôpital. C’est rester auprès de lui, couvrir ses frais de santé, lui trouver à manger, laver ses habits, être un soutien autant sur le plan physique que psychologique et émotionnel, parfois jusqu’au point de se négliger soi-même.
De plus, c’est une notion très respectée et attendue de la part des proches du malade. Effectivement, il y a plusieurs bâtiments et installations tout autour de l’hôpital pour que les personnes accompagnatrices puissent se reposer, manger et dormir durant le séjour du malade.
Si tous ces faits ne sont pas assez pour vous prouver à quel point c’est un pays basé sur la communauté, on peut simplement se fier au nom même du pays, Sénégal, qui dérive du mot wolof suñu gaal, ce qui signifie « notre pirogue »!