2e témoignage d’une personne étudiante en Travail social en stage au Sénégal
Travail social 2026.02.27
Cinq personnes étudiantes en Travail social vivent actuellement une expérience aussi humaine que professionnelle : un stage d’intervention de 12 semaines à l’Hôpital de Fann, à l’Hôpital Albert-Royer et au Centre de premier accueil, à Dakar, au Sénégal.
Au-delà du stage, cette immersion hors du commun est une aventure profondément formatrice, marquée par les rencontres, la découverte d’une nouvelle réalité sociale et le développement de compétences sur le terrain.
Les stagiaires rédigeront des articles et partageront leurs observations, leurs expériences personnelles et les réflexions qui transforment peu à peu leur regard sur le monde et sur leur future profession. Voyez le témoignage de Mia Santerre.
Les ressemblances et les différences entre le Sénégal et le Canada
Depuis notre arrivée dans ce magnifique pays, j’ai pu prendre conscience de plusieurs aspects que je tenais beaucoup pour acquis au Canada. Je vais donc, grâce à ce texte, vous expliquer les ressemblances et différences entre le Sénégal et le Canada en ce qui concerne l’accès aux commodités de la vie courante.
En premier lieu, je vais parler de l’accès à l’eau. Pour beaucoup de familles, il n’y a pas de différence avec le Canada. L’eau est courante et il y a même un chauffe-eau pour de bonnes douches chaudes. Alors que pour d’autres, comme dans ma famille d’accueil, l’eau courante n’est pas nécessairement autant accessible. Cette ressource est disponible selon certaines heures de la journée et avec un débit variable. Les familles vivant avec cette réalité ont souvent un bidon d’eau dans la maison qu’elles utilisent lorsque l’eau est coupée. Aussi, lorsque l’eau est accessible, elles vont remplir de nombreuses chaudières d’eau que nous allons distribuer dans les salles de bain et la cuisine. La famille dans laquelle je me trouve se douche grâce à un seau d’eau où nous avons mélangé l’eau chaude et froide pour nous laver. Pour les utilités sanitaires, il y a également des différences. Nous allons trouver deux types de toilettes, les turques et les traditionnelles, que nous trouvons aussi au Canada. Chacune d’entre elles a son bidet de rattaché, car l’utilisation du papier toilette n’est pas autant commune.
La seconde commodité qui me semblait essentielle à Montréal est l’électricité. À Montréal, on la voit partout et on la gaspille énormément. Au Sénégal, cette ressource est très coûteuse, donc les familles vont souvent tout faire pour l’économiser le plus possible. Elles vont par exemple avoir des bonbonnes de gaz qu’elles vont utiliser pour faire cuire leur nourriture ou chauffer leur eau dans la même fonction qu’un four à gaz. Elles ne vont pas utiliser de lumière à la maison jusqu’à ce que ce soit essentiel pour voir un tant soit peu. Aussi, selon mon expérience depuis notre arrivée, l’électricité va être coupée à des moments un peu aléatoires dans certains secteurs des quartiers, pendant quelques minutes à plusieurs heures. Je ne connais pas la raison de ces pannes et ma famille d’accueil non plus, mais les personnes s’adaptent au quotidien.
Ces deux situations sont aussi visibles à l’hôpital où j’effectue mon stage. Les directions des différents départements sont activement en recherche de moyen pour régler la situation, car l’accès à l’eau n’est pas autant disponible dans tous les départements et il arrive que certains pavillons soient coupés d’eau pendant une partie de la journée. C’est la même chose pour l’électricité. L’hôpital s’est beaucoup développé en termes de services offerts, au point que l’accès à l’électricité est devenu difficile. Les ordinateurs de plusieurs personnes professionnelles de l’hôpital ne sont simplement pas fonctionnels parce que le bâtiment dans lequel ils sont ne reçoit pas assez d’énergie pour alimenter chaque bureau. Un autre aspect qui m’a beaucoup étonnée à l’hôpital, c’est le fait que les différents pavillons soient des bâtiments indépendants les uns des autres et qu’entre les pavillons, le terrain de l’hôpital soit entièrement fait de sable. On retrouve donc du sable dans les entrées des pavillons et c’est pourquoi il y a des femmes de ménage qui circulent constamment dans l’établissement pour laver les planchers. Aussi, étant donné que les pavillons sont très proches et que les salles d’attente sont souvent à l’extérieur, il y a parfois des chats qui vont se balader à travers les pavillons pour trouver un endroit où se reposer. Cependant l’endroit respecte les règles sanitaires, car chaque membre professionnel se promène avec des produits désinfectants et se vaporise les mains constamment.
La qualité de l’air est aussi un des éléments très marquants de la ville, la pollution étant très répandue et les voitures crachant presque toutes une dense fumée noire due aux gaz. L’air est très lourd à respirer, surtout dans les grandes artères de la ville de Dakar. C’est une différence très marquante avec Montréal, où l’on trouve de la pollution, mais celle-ci n’affecte pas visiblement la qualité de l’air ambiant. Parmi tous les aspects que j’ai nommés dans ce texte, c’est selon moi le plus marquant et celui qui m’a le plus surprise à mon arrivée dans cette magnifique ville que l’on appelle Dakar.