1 Pagedegarde accueil 1

Programmes de recherche

Projets en cours

  • Cette recherche-action participative explore l’impact, actuel et potentiel, de l’éducation sur les personnes autochtones dans le continuum carcéral, qui va de la prison aux différentes institutions qui promeuvent la réinsertion sociocommunautaire. 

    Elle s’inscrit dans une approche décoloniale en deux temps : en amont, une méthodologie et un partenariat de recherche innovant; en aval, des innovations sociales conçues pour et avec des Autochtones. La recherche servira à décloisonner les perceptions et les pratiques des différentes parties prenantes de l’éducation dans le continuum carcéral comme les établissements de détention, les centres de services scolaires, les organismes communautaires et services de réhabilitation sociale et les maisons de transition. 

    Partant du principe que l’éducation en prison inclut autant les programmes scolaires que les initiatives développées par les organismes communautaires ou les communautés autochtones, nous documenterons les pratiques innovantes en éducation, identifierons les aspects favorables et les défis rencontrés par les personnes autochtones, à partir de leur perception de ces services. Enfin, nous discuterons avec des personnes autochtones incarcérées, ou qui l’ont été dans le passé, pour connaître leur point de vue sur les services d’éducation, qu’elles les aient fréquentés ou non.

    Ensuite, nous coconstruirons avec les partenaires des outils destinés aux organisations et aux milieux d’intervention, à partir d’une meilleure compréhension des besoins des personnes autochtones. Notre approche multidisciplinaire et collaborative favorisera l’amélioration des services dans une perspective de sécurisation culturelle qui inclut à la fois la décolonisation des milieux et la valorisation des cultures et des savoirs autochtones. Le projet intégrera les points de vue des intervenants en réintégration sociale et des Premiers Peuples pour élaborer un modèle d’innovation sociale qui contribuera à améliorer les programmes offerts par les institutions carcérales et favorisera la mise en place de programmes qui répondent aux réalités socioéconomiques et culturelles des Premiers Peuples.

    Équipe de recherche

    • Frédérick Armstrong titulaire de la Chaire UNESCO pour l’éducation en prison, chercheur principal, Cégep Marie-Victorin
    • Marc-André Lacelle, cotitulaire de la Chaire UNESCO pour l’éducation en prison, chercheur principal, Cégep Marie-Victorin
    • Anne-Andrée Denault, professeure de sociologie, Cégep de Trois-Rivières
    • Mylène Jaccoud, professeure titulaire de criminologie, Université de Montréal

    Partenaires et collaborateurs

    • Ministère de la Sécurité publique (MSP)
    • Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit
    • Sûreté du Québec
    • Transition Centre-sud
    • Maison St-Laurent
    • Centre résidentiel communautaire Abitibi-Témiscamingue Nord-du-Québec (CRCANTQ)
    • Renée Brassard, École de travail social et de criminologie, Université Laval
    • Lisa Ellington, École de travail social et de criminologie, Université Laval
    • Services parajudiciaires autochtones du Québec (SPAQ)
    • Makivvik
    • Centre de guérison Waseskun
    • Centre de Justice des Premiers Peuples de Montréal
    • Centre Gilles Jourdain Kapatakan
    • Jean-Pierre Mercier, Éducation et formation spécialisées, UQÀM
    • Justin C. Tetrault, Sociology and Indigenous Studies, University of Alberta
    • Marie-Ève Marchand, Sentinelle Nord – Université Laval

Projets complétés

  • Lyne Bisson et Frédérick Armstrong, 2024

    Plusieurs études montrent que l’éducation en prison a des impacts positifs sur la société et sur les individus qui y prennent part en contribuant à leur réinsertion sociale et communautaire. La plupart de ces études tentent de mesurer les liens entre la participation à des programmes et le taux de récidive ou l’insertion en emploi. Dans ce contexte, l’impact des différentes activités d’éducation en prison est jugé positif si elles contribuent à la diminution du taux de récidive et si elles permettent aux ex-détenus de trouver un emploi. Or, si ces études sont importantes, elles ne permettent pas d’identifier : 

    1. pourquoi les programmes fonctionnent ou pas;
    2. comment les personnes apprenantes persévèrent malgré les conditions difficiles de la vie carcérale;
    3. pourquoi certaines personnes n’ont pas l’occasion, la motivation ou les ressources nécessaires pour s’inscrire ou pour compléter un programme ?

    En outre, ces études ne donnent généralement pas une voix aux personnes apprenantes incarcérées.

    Nous pensons qu’une des premières étapes vers l’amélioration des services d’éducation en prison est d’en brosser un portrait qui s’appuie sur l’expérience et les connaissances des principales personnes intéressées : les personnes apprenantes. Nous avons donc interviewé 46 personnes (28 hommes et 13 femmes incarcérées et 5 professionnelles du domaine de l’éducation en prison) afin de rapporter quels sont, selon elles, le sens et les effets de l’éducation en prison. Ces personnes ont été rencontrées entre les mois de novembre 2021 et d’avril 2023 dans cinq établissements de détention de juridiction provinciale : Hull, Laval (Leclerc), Montréal, Québec et Saint-Jérôme.

    Le contenu des entretiens semi-dirigés avec chacune des personnes participantes a fait l’objet d’une analyse qualitative qui fait ressortir des tendances, des thèmes communs ou des éléments significatifs de l’expérience de l’éducation en prison. Nous constatons que l’accès aux programmes d’éducation, formelle ou non formelle, est parfois difficile à cause de contraintes sécuritaires inhérentes à la vie carcérale, mais aussi pour des raisons institutionnelles et situationnelles qui pourraient être évitées. Par exemple, l’offre actuelle ne répond pas aux besoins de personnes qui ont déjà un diplôme d’études secondaires ou qui ne sont pas suffisamment alphabétisées. Malgré cela, l’expérience de l’éducation en prison est globalement positive pour les personnes apprenantes qui affirment que l’école est un havre de paix qui diminue les souffrances de l’enfermement de manière significative et qui donne un sens et une utilité au temps passé en détention. Les réussites et les relations positives construites avec le personnel enseignant permettent de (re)construire le genre d’estime de soi et de sentiment de compétence qui contribuent à envisager l’avenir avec plus d’espoir et qui pourront jouer un rôle dans le processus de désistance des personnes apprenantes. Ces effets se manifestent même chez les personnes qui disent suivre des programmes simplement pour « passer le temps » et qui n’ont pas une grande motivation pour l’apprentissage en tant que tel. Enfin, il est aussi intéressant de noter que plusieurs personnes qui nous ont parlé ne conçoivent pas l’éducation en prison comme un droit et qu’elles se sentent plutôt privilégiées d’avoir accès à des formations. Ce constat n’affaiblit pas nos convictions pour le droit à l’éducation des personnes incarcérées, mais nous pousse à reconsidérer la manière de présenter ces programmes pour encourager la participation. 

    Ce portrait qualitatif offre à nos partenaires communautaires et institutionnels une perspective unique qui, nous l’espérons, pourra contribuer à l’innovation en matière d’éducation en milieu carcéral, à une bonification de l’offre de formation en milieu carcéral et à l’augmentation du taux de participation et de rétention dans les formations. Nous croyons aussi fournir à nos partenaires un rapport qui pourra mener aux retombées suivantes : 

    1. révision des pratiques en matière d’éducation en prison;
    2. bonification de l’offre de formation en milieu carcéral;
    3. augmentation du taux de participation aux programmes d’éducation en prison, sous toutes leurs formes;
    4. placer la formation carcérale dans un continuum de réhabilitation qui va de la prison jusqu’à l’extérieur. 

    Mots-clés : Éducation en prison, éducation des adultes, désistance, réinsertion sociale, milieu carcéral provincial, Québec

    Lien vers le rapport complet
    Lien vers une synthèse du rapport
    Lien vers présentation du projet au Congrès de l’ACFAS 2023
    Entrevue à l’émission Isabelle Richer au RDI

  • Frédérick Armstrong, Lucie Alidières et Nathalie Auger, LHUMAINE, (1)

    Lien vers l’article

    Résumé

    La vulnérabilité est une question au cœur de notre humanité, qu’elle soit physique ou psychologique. A l’ère du numérique et des technologies avancées, il semble que les outils proposés visent souvent à palier des vulnérabilités, des handicaps, par exemple. Plus récemment, des publics que l’on peut empiriquement qualifier de vulnérables comme les personnes détenues ou les publics migrants bénéficient du numérique. On peut cependant se demander si les choses sont si simples. Après une problématisation de la notion de vulnérabilité, une discussion prenant appui sur ces deux types de publics permettra de discuter à la fois du concept de vulnérabilité et des usages du numérique.

  • Frédérick Armstrong

    Dans Gagnon, B., Hamrouni, N., Paradis Simpson (2022). La justice, la vulnérabilité et le politique autrement. Presses de l’Université Laval. https://books.scholarsportal.info/en/read?id=/ebooks/ebooks7/upress7/2022-10-20/1/9782763757841

    Dans son commentaire sur le travail de la philosophe française Marie Garrau, spécialiste du concept de vulnérabilité, Frédérick Armstrong s’appuie sur la réalité de l’éducation en prison pour démontrer l’importance de reconnaître et d’assumer les fonctions politiques propres aux différentes conceptions de la vulnérabilité. 

    Après avoir commenté le travail de Garrau et montrer sa pertinence et ses limites pour comprendre la notion de vulnérabilité dans différents contextes politiquement chargés comme le milieu carcéral, Armstrong conclut que les personnes qui ont à cœur l’éducation en prison et qui font appel au concept de vulnérabilité pour signaler des situations urgentes devraient s’inspirer d’une politique critique de la vulnérabilité comme celle de Marie Garrau. Par exemple, le principe de protection des personnes vulnérables qui anime la volonté de contribuer à la réinsertion sociale des personnes incarcérées, entre autres par l’éducation en prison, doit être pondéré par deux principes de reconnaissance selon lesquels, premièrement, nous devons reconnaître (acknowledge) l’inéluctabilité de la vulnérabilité comme capacité de souffrir et, deuxièmement, reconnaître (recognize) les vulnérabilités particulières auxquelles sont exposées certaines personnes.

  • Frédérick Armstrong

    Cette réflexion sur l’avenir de la mobilisation des connaissances commandée le Conseil de recherche en sciences humains du Canada et la Commission canadienne de l’UNESCO explore les défis propres au milieu de l’éducation en contexte carcéral.

    En effet, s’il est toujours délicat, voire difficile, de créer des liens solides dans l’axe Chercheurs-Décideurs-Praticiens, les champs de recherche comme l’éducation en prison, qui s’intéressent aux droits fondamentaux d’une population marginalisée, mettent en jeu des conflits de valeurs et des différents idéologiques qui complexifient les dynamiques de la mobilisation des connaissances.

    Frédérick Armstrong s’est appuyé sur le contenu d’entretiens avec des personnes intéressées par l’éducation en prison œuvrant dans l’ensemble de l’axe chercheurs-décideurs-praticiens, sur la littérature scientifique et sur son expérience pour identifier des facteurs de réussite pour la mobilisation des connaissances dans ce genre de domaine. Premièrement, il faut cultiver une communication saine et efficace entre les chercheurs et les praticiens en tâchant de « vulgariser la recherche et théoriser la pratique ». Ensuite, il ne faut pas négliger l’importance des exemples et des témoignages comme facteurs de sensibilisation et, ultimement, de mobilisation des connaissances. Il faut aussi reconnaître l’importance de la sensibilité politique dans la construction des réseaux. Pour ce faire, les personnes engagées dans la mobilisation des connaissances ou dans la promotion de l’éducation en prison doivent être conscientes de l’existence de désaccords sur la fonction principale du système pénal. Enfin, il faut trouver des façons de changer l’image des personnes détenues dans l’imaginaire du public et des différentes personnes qui interviennent auprès d’elles. En d’autres mots, il out en donnant l’occasion au personnel du service correctionnel de voir les personnes judiciarisées en tant que participants à un projet éducatif significatif et porteur d’une citoyenneté en devenir.

    Armstrong conclut aussi le contexte de l’éducation en prison montre toute l’importance de penser la mobilisation des connaissances au-delà de l’axe Chercheurs-Décideurs-Praticiens. Une partie des efforts de mobilisation des connaissances doit donc être dirigée vers la population en général, par exemple en favorisant la diffusion de la recherche dans des médias grand public et en donnant la parole aux personnes incarcérées.

    Lien vers la publication

  • Geneviève Perreault et Jean-François Meilleur

    Résumé

    Premier état des lieux systématique des services éducatifs offerts dans les établissements de détention provinciaux du Québec, le portrait de Perreault et Meilleur montre que la plupart des personnes qui interviennent dans le milieu correctionnel considèrent que l’éducation en prison sert efficacement le processus de réinsertion sociale. Le rapport montre cependant que l’éducation en prison est souvent davantage négociée comme un privilège qu’un droit, un contexte dans lequel les personnes incarcérées sont confrontées à l’application d’un principe de double contrainte […] : s’il ne se comporte pas bien, il ne pourra y avoir accès, mais en même temps, s’il n’y participe pas, il ne pourra démontrer sa bonne volonté à se réinsérer. 

    Perreault et Meilleur soulignent enfin l’importance de faire un suivi plus systématique des activités de formations offertes dans les établissements de détention du Québec, en tenant compte de différents indicateurs, tels que la nature des programmes offerts et des données de base sur la participation (nombre de personnes participantes, âge, scolarité, etc). 

    Ce rapport a été réalisé dans le cadre d’un projet de recherche de la Chaire UNESCO de recherche appliquée pour l’éducation en prison du Cégep Marie-Victorin, en partenariat avec le ministère de la Sécurité publique (MSP), le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). La rédaction et la mise en forme de ce rapport ont été effectuées par Geneviève Perreault, chercheure principale, et Jean-François Meilleur, chercheur. Ont également contribué à la réalisation des travaux Paul Bélanger (Ph. D.), président du Comité scientifique international, Jean-Pierre Miron, titulaire de la Chaire, et Jean-Pierre Simoneau, directeur des opérations et François Lett, enseignant et collaborateur. 

    Lien vers le rapport complet